A ma recherche

Tout a commencé en Août 2009. A l’époque, j’étais casée, et j’avais un plan de vie bien tracée. Fixer une date pour enfin sceller la corde, déjeuner chez les futurs beaux-parents le samedi, déjeuner chez mes parents le dimanche, trouver le tapissier qui me fera le salon marocain capable de recevoir 12 fessiers, et un bon psychiatre pour soigner ma future dépression de femme ramant seule dans une barque pleine.

Une amie tangéroise était rentrée depuis quelques mois de l’étranger. J’avais le souvenir d’une fêtarde illuminant les dancefloors, et voilà que je retrouvais une maître reiki, me parlant de spiritualité, d’énergie, de méditation et autres concepts bizarres. J’avais répondu à ses explications en me retranchant derrière l’humour, elle m’avait souri et proposé d’essayer un jour. Un jour, peut-être, quand je cesserai de déployer mon énergie pour rentrer dans un moule trop étroit.

Et puis ce mois d’Août 2009, alors que tout m’entourage me sommait de fixer une date, je pris la tangente à Tanger, chez la dite amie. 2 semaines de plage, de bronzage, de légumage, et de bavardage jusqu’à l’aube. Et puis la veille de mon retour, elle me demanda « ton mec doit te manquer j’imagine ? ». Mon mental répondit oui, mon cœur pensa non. Je partis dormir en m’agrippant bien fort à mon mental, ce repère que j’avais consolidé depuis tant d’années. Mais aucune certitude n’arriva ce soir là à voiler ce nouveau point de lumière qui m’était apparu. En 2 semaines, mon futur mari ne m’avait pas manqué. Ni lui, ni rien d’autre. Rien du tout. Ma vie était basée sur un rien du tout.

Le lendemain au petit-déjeuner, je m’entendis lui demander « dis, tu crois que tu peux me faire une séance avant que je prenne le train ? ». Le souvenir qui me reste de cette première séance de Reiki est un sentiment de dégout, d’étouffement, et de la lourdeur, beaucoup de lourdeur. A la fin de la séance,  elle m’annonça :

–  « Tu n’es pas toi ».

– « Pardon ? »

– « Tu ne laisse pas ta vraie personnalité émerger. Ton calme et ta sérénité apparente sont un ravalement de façade. Tu as beaucoup de colère en toi que tu réprimes. Tu as aussi fermé ton cœur. Tu l’as fermé à l’âge de 16 ans. C’était légitime. C’était un moyen de défense et un réflexe de survie. Mais tu n’as plus besoin de faire ça maintenant. Tu as le choix. Ou tu continue comme un robot. Ou tu exprime et affronte ta colère, et tu ouvres ton cœur pour enfin vivre ta vie, une vie qui correspond à la personne que tu es réellement. Ton cœur est un trésor. C’est ta plus grande richesse, et ce serait dommage de l’enfermer. »

– « Qu’est-ce-que je dois faire ? »

– « Rien. Pour le moment, laisse tes larmes couler, ne les retiens surtout pas. Il peut y avoir une manifestation physique après cette séance. C’est normal. N’appliques surtout rien, ça passera. Si ça dépasse 3 jours,  prends un médicament ou consultes un médecin. »

– « Oui, mais comment je dois m’y prendre pour ouvrir mon cœur ? »

– «Ca c’est mon job. Je suis là pour t’aider. On fera une autre séance la prochaine fois que tu viendras à Tanger. Mais pour le moment, juste ne réprime pas ce qui va sortir. Et n’essaie pas d’appliquer une recette mentale. Je m’occupe du reste. Fais des massages énergétiques si tu peux. Je vais voir si je peux te trouver quelqu’un sur Casa. Allez, tu vas rater ton train. Et prends soin de toi, n’attends que personne le fasse à ta place. »

J’ai pris le train, et j’ai pleuré durant les 05 heures du trajet. Des larmes apaisantes, qui me soulageaient de tant de sentiments longtemps exilés dans une partie que j’essayais de cacher de la vue de tous, même et surtout de la mienne.

A l’arrivée, mon ex m’attendait. Je lui ai raconté la séance et l’échange qui s’en est suivie. Il balaya le tout rapidement.

– «  Oui c’est ton amie, mais la raison d’être de son business est de te dire que tout va mal »

– « Non je la connais. Elle n’est pas comme ça. D’ailleurs, elle n’a pas accepté que je la paie. »

– « Elle peut dire ce qu’elle veut, moi je trouve que tu es une personne magnifique, tu n’as rien à changer. »

Le lendemain, je me réveillai avec de gros boutons rouges sur tout le corps. Comme si cet infime sentiment de mal-être se révoltait et me disait, « tu peux me fuir autant que tu veux, mais je suis là, tu ne peux plus m’ignorer, je suis là. Tu peux te raconter autant de berceuses que tu le souhaites, mais tu ne me gommeras pas. J’existe et je squatte ton corps pour te rappeler que tu n’es pas que cela. Tu es plus, beaucoup plus. Tu mérites plus. Et le jour est arrivé pour t’alléger de tes poids et limites, et partir à la quête de ton âme ».

Mes boutons disparurent 2 jours après. Mon ex et moi rompîmes 04 mois après. J’ai entamé un nouveau chemin depuis ce mois d’Août 2009. Un chemin de quête de mon être et de ma voie. Je me suis allégée de bien de poids, de chaînes et de boulets. J’ai dénoué des nœuds, et j’ai affronté mes peurs et mes démons. Et il me reste encore tant à faire, à dénouer, à affronter.

Depuis, j’ai expérimenté plusieurs voies, participé à divers ateliers et stages de développement personnel. Tous m’ont permis de franchir un palier. J’en témoignerai peut-être dans de prochains billets. Mais le pivot reste mon amie tangéroise, ma sœur de cœur. Aucun mot ne pourra être assez fort pour exprimer ma gratitude. Aucune somme d’argent ne pourra rétribuer à sa juste valeur le bien qu’elle m’a apporté et le chemin qu’elle m’a aidé à parcourir.

Je sais que je suis mieux qu’il y a 8 ans. Je ne sais pas si j’aurai plus d’argent dans 8 ans, ou si j’aurai un meilleur poste. Mais je sais que je serai mieux dans 5 ans, parce que je suis en train d’ouvrir mon cœur, pas à pas.

Merci mon amie pour la claque d’il y a 8 ans !

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