Joyeuse sans valentin !

C’est la fête de l’amour, celle où je devrai me fondre en purée devant la déclaration romantique de mon patamec ; me gaver de chocolat, huîtres et autres aphrodisiaques vendus deux fois leur prix en ce jour commercialement spécial ; avant de réviser le patasuttra en 3 heures acrobatiques.

En théorie du moins. Parce qu’en pratique, il est plus probable que je fonde en larmes devant la 23ème rediffusion du film The Notebook, me gonfle de chips et de tisanes bonne nuit, avant de réviser l’œuvre intégrale de Bach en 8 heures de ronflement intensif.

Bonjour, je suis La Patate, et je suis sans-valentin en ce jour de saint-valentin.

Non pas que je sois particulièrement triste de ne pas célébrer cette fête aussi branchée que les robes de Saida Mil3aka (Madame Pepperpote) ; ou que je sois fan des thématiques bisounours. De toutes les façons, en matière de mysticisme, je ne crois qu’en l’aura de Saint-Abdel (alias Sidi Abderrahmane ici).

Non, en toute mauvaise foi, la saint-valentin ça pue la friture, et je m’en fous ! Mais, au cas où un admirateur secret projetterait de m’envoyer, en ce jour de réclame, un bouquet de fleurs avec un billet pour l’Australie en guise de carte de vœux ; sachez que je suis souple de position. Propos valable aussi pour le 08 Mars, l’année de la chèvre, et la journée mondiale du saucisson.

Non, ce qui m’irrite réellement, c’est ce colonialisme impérialiste que veulent nous imposer ces dictateurs de valentins et valentines.

Ils essaient de nous faire passer, nous les sans valentins, pour des désespérés marginaux ayant échoué à intégrer la seule institution sociale qui vaille (à leurs yeux sous œillères). D’un ton mièvrement condescendant, ils nous spamment de conseils pour « endurer » seul(e) la saint-valentin, sans nous noyer dans la chasse d’eau. Ils nous bombardent olfactivement de pourrisseurs d’ambiance et squattent l’espace à base de gros cœurs rouges, rendant toute cohabitation impossible !

J’ai pourtant sincèrement essayé de cohabiter par le passé.

Il y a 2 ans, j’ai d’abord naïvement cru que la terre était assez grande pour abriter toutes les espèces. Une copine et moi avons décidé d’aller dîner dehors, acceptant même dans notre immense magnanimité, de payer la nem le prix d’un méchoui familial. Nous avions persuadé le serveur de nous faire grâce de la bougie rouge en forme de cœur. Ne voulant pas non plus saboter l’innovateur concept artistique de la soirée, nous avions accepté de garder les pétales de rose sur la table.  Nous nous apprêtions à siroter tranquillement nos mojitos, que voilà que les couples aux alentours, trop contents d’avoir enfin un sujet de discussion, ont fait de nous un sujet de pari ! Ils nous scrutaient sous toutes les coutures, comme un os de dinosaure dans un musée, pour déterminer, si nous étions des lesbiennes ou des pauvres brebis célibataires en désarroi ! Je veux bien faire l’objet de pari, à condition de partager la cagnotte ! Simple question de savoir-vivre.

Retenant la leçon, l’année dernière j’ai tenté le repli, en optant pour une délicieuse soirée cocooning à la maison. Mais c’était compter sans la voisine, qui ; désireuse de remercier son mari d’avoir enfin appris à faire la différence entre Kartier et Cartier ; s’est mis en tête de concourir pour l’oscar de la meilleure performance sonore. Et le coq tout fier a remis ça 4 fois de suite ! Vraiment, le viagra ne devrait être vendu que sous l’aval des voisins.

Mais cette année, les valentins et valentines ont poussé la tyrannie un poil trop loin. Ils vont harlequaniser nos resto-pubs un samedi soir !

Alors, moi je dis assez ! Le temps de l’oppression et de la dictature du couple est fini. Sœurs sans-valentins et frères sans valentines, amis anti-valentin, unissons-nous et retrouvons nos droits. Marchons pour la reconquête de nos bars, rejoignons le mouvement Occupy Valentin !

A bas les cœurs rouges et les bougies parfumées. Investissons nos restos-pubs, faisons couler la bière à flot, cuisons de bons gros hamburgers, faisons résonner de la bonne musique rock, dansons et rions bien fort des blagues les plus potaches ! Mettons fin à la dictature du je t’aime murmura t-il !

Occupy Valentin !

Et joyeuse sans / saint valentin mes patatons!

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