La circulation au Vietnam

L’une des premières choses que j’ai dû apprendre à gérer en atterrissant au Vietnam, et plus précisément à Hanoi, est la circulation.

Pour vous figurer le vieux centre-ville de Hanoi, le quartier routard, imaginez une vieille médina, avec des trottoirs et des routes étroits, comme peuvent l’être ceux d’une ville conçue avant l’avènement de l’automobile. Ajoutez-y beaucoup de piétons, les taxis qui déposent les nombreux touristes, et des motos. Beaucoup de motos, énormément de motos. D’ailleurs, le souvenir auditif qui me restera de Hanoi est le klaxon de moto.

Ajoutez maintenant qu’il n’y a aucun parking prévu pour ces dizaines de milliers de motos, qui se rabattent sur les petits trottoirs pour stationner. Assaisonnez d’une patate, qui veut oublier ses mauvaises habitudes marocaines et montrer le maximum de son civisme, en ne marchant que sur le trottoir. Ça vous donne Mission Impossible 4 ; et parfois, des réactions agressives de certains motocyclistes, mécontents que vous, piétonne, vous marchiez sur le trottoir.

J’en parle à un expatrié français qui gère une brasserie à côté de ma guest-house. Il me répond « bah oui, tu oublies le trottoir. Et surtout, il faut forcer le passage. Mais ne t’inquiète pas car ils roulent toujours doucement». Ok, l’inutilité des trottoirs pour les piétons, est un élément que je connais parfaitement. Je me dis patate, oublie le civisme, il est grand temps de ressortir ton naturel. A moi la chaussée !

Le jour où je me suis rendue compte que je pestais contre un automobiliste qui essayait de stationner, car je ne comprenais pas pourquoi il klaxonnait, j’ai su qu’il n’y a rien à dire, une patate, ça a le sens d’adaptation.

Je me dis alors que j’étais prête à affronter la nouvelle-ville. Prenez maintenant des routes plus larges, beaucoup plus de piétons, toujours énormément de motos, et une sacrée nuée de voitures … avec ZERO feu rouge. Ça donne que traverser est la grand-mère de la maman de Mission Impossible 5. Alors pour traverser, je me pointais devant un passage piéton, je prenais mon air de pauvre petite touriste angélique perdue, et j’attendais qu’une âme bienveillante me tienne la main pour me faire traverser. Ça a plutôt bien fonctionné … jusqu’à Hô-Chi-Minh Ville, Saigon pour les intimes.

Hô-Chi-Minh Ville, la plus grande ville du Vietnam, près de 4 millions de motos en circulation et plus de 7 millions d’habitants qui n’en ont rien à faire d’une touriste angélique en détresse. Alors, chaque traversée prend des airs d’aventure extrême !

Je n’ai pas le choix, je dois traverser. Je regarde à gauche. Une pluie de météorites de voitures et motos. J’attends que la pluie s’estompe. 15 minutes plus tard, la pluie s’est transformée en une affreuse tempête de putains de météorites de voitures et motos. Et toujours aucune main bénévole. Je me résigne, je dois y aller, je dois traverser, yes i can. Je respire, rassemble mon courage, fait quelques prières, Dieu, Allah, l’Univers, Mahomet, Jésus, Moise (on n’est jamais assez prudent). Et puis je me souviens d’une règle de base, « think global, act local ». Alors je refais mes prières. Dieu, Allah, l’Univers, Mahomet, Jésus, Moise, Bouddha, Confucius et … Uncle Ho aussi (c’est des communistes après tout). Profonde inspiration, et je me lance, je traverse ! Yes, i did it !

Mais l’ultime aventure de l’extrême en matière de circulation, je l’ai vécu lors de mon dernier jour à Hanoi.

Je revenais d’une excursion de 2 jours à Mai Chau, la campagne vietnamienne. J’avais juste le temps de récupérer mes bagages auprès de l’agence organisatrice, acheter quelques babioles pour la suite du trajet, avant de prendre le train de nuit pour Hué. L’agence m’offrait le transfert jusqu’à la gare ferroviaire.

J’arrive donc, je fais quelques courses pour survivre à 14 heures de trajet, je récupère mes bagages, et annonce à l’agent de voyage que je suis prête. Il sort appeler le taxi. Il revient quelques instants plus tard et m’annonce : « il va commencer à pleuvoir dans pas longtemps. Normalement, le trajet jusqu’à la gare dure 10 minutes. Mais j’ai demandé au conducteur de faire son maximum pour t’y conduire en 05 minutes, pour ne pas être gêné par la pluie. ». Je ne comprends pas très bien en quoi la pluie pourrait constituer une telle perturbation, mais polie, je le remercie pour sa diligence.

Je sors prendre le taxi, qui s’avérera être une moto-taxi ! Je demande à l’agent «je ne crois pas que ça va le faire. Vous avez-vu mes bagages ? ». Il me répond « Ok, don’t worry, it’s fine !». Pour une reconstitution fidèle du décor, mes bagages sont :

                – une grande valise-sac à dos

                – un petit sac-à-dos, bagage de cabine

                – un plus petit sac-à-dos faisant office de sac à main

                – un sachet en plastique contenant mon kit de survie à 14 heures de train, à savoir : une bouteille d’eau, un sandwich, un paquet de biscuit, un deuxième paquet de biscuits au cas où le premier s’avérerai être immangeable, et surtout, le truc conseillé unanimement par tous les voyageurs, un rouleau de PQ.

Me voilà donc avec le conducteur, ne parlant pas un mot d’anglais, tenant ma valise sur ses jambes -juste en dessous du guidon-, moi à l’arrière, avec mes 2 sacs à dos de part et d’autre, une main tenant le sachet en plastique, l’autre main accrochée à la selle arrière ; roulant 2 fois plus vite que d’habitude, pour arriver en 2 fois moins de temps à la gare. Et alors que mille pattes n’auraient pas été de trop pour m’accrocher, moi, j’étais en mode mono-patte !

En général, on peut assimiler les moto-taxis à des vaches folles de la conduite, sans aucune crainte de fausse calomnie. Et bien, moi, j’ai eu le droit à un trajet avec une vache folle enragée, shootée à un cocktail coke-ecstasy !

Quel bon souvenir 🙂 !

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