Ballade dans Hanoi

J’ai enfin découvert le quartier où je me sens bien dans Hanoï. Dommage que ce soit mon dernier soir dans la capitale du Vietnam. Des allées piétonnes romantiques, authentiques et calmes. Au regard curieux des habitants qui me dévisagent, je sens que peu de touristes s’aventurent dans cette rue, une allée vierge comme je les aime, pas de monument, pas de curiosités, pas de points de vue scéniques, juste des moments de vie quotidiens, une porte entrouverte, un instant de vie capturée, un intérieur entraperçu, autant de trésors défendus qui me sont offerts.

Deux adolescentes en bicyclette qui me sourient en m’adressant un timide et pudique « hello », une vieille dame accroupie devant le porche de sa maison, préparant de la viande hachée sur feu de charbon. Une odeur si familière et si alléchante qui me rappelle ma kefta natale. Je n’ai pas encore déjeuné, j’ai faim, et je veux partager son festin, mais je n’ose pas le lui demander. Alors, je me fixe devant elle, avec mon regard de chat errant affamé quémandant un bout de kefta. Mais ma prière n’a pas été comprise, et je sens que je la gêne, alors je continue mon chemin, en regrettant de ne pas avoir pu mettre un goût sur une odeur.

Plus loin, j’aperçois un O.A.N.I (Objet Alimentaire Non identifié). Je jette un coup d’œil de biais, une vieille dame se lève, me souris et me fais signe d’approcher en me parlant en vietnamien. Elle soulève le couvercle de la marmite, saisit un bout de l’O.A.N.I avec deux baguettes et  me le tends. Je goûte, c’est une sorte de guernina viet, en beaucoup plus fade. Le coup de foudre alimentaire n’a pas eu lieu, je souris, hoche la tête et baragouine un come eun (merci). Elle hoche sa tête à son tour, me sourie, et retourne s’asseoir sans rien me réclamer, elle s’en fout de mes devises.

Plus loin, un autre O.A.N.I dans une boutique. Un fruit sec que je ne reconnais pas. Je veux goûter avant d’acheter. Avec aplomb, j’accoste la marchande, je pointe l’O.A.N.I du doigt et demande « je peux en tester un ? ». Réponse en vietnamien non comprise, mais à son air souriant, je comprends que c’est OK.

Catastrophe, c’est dur à croquer, un arrière goût qui me fait frissonner, rejet total. La marchande éclate de rire, puis retourne à ses préoccupations. Elle n’essaie pas de me vendre autre chose, ne me réclame rien.

Voilà la beauté et la magie des terrains touristiquement vierges !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s