Le livre de l’humour arabe, de Jean-Jacques Schmidt

Nos ancêtres arabes avaient-ils de l’humour ? Ou étaient-ils des ascètes aux mœurs bien rigides ? A en croire l’anthologie de Jean-Jacques Schmidt « Le livre de l’humour arabe », nos aïeuls n’avaient rien à nous envier question légèreté et liberté de ton.

Bien que le recueil ne soit  pas tordant,  il reste bien agréable à lire. Et puis c’est une manière plaisante de revisiter certaines périodes de notre histoire.

Extraits

« Mohammed ibn Munâdhir et Abû Sa’d le transmetteur de Bachchâr racontent : Bachchâr, l’aveugle, chez qui nous étions réunis un jour, s’étais mis à rire après avoir gardé longtemps le silence. « Qu’est-ce qui te fait rire, Abû Mu’âdh ? – Ce qui me fait rire, répondit-il, c’est qu’il n’y a pas, sur toute la terre, un seul homme qui ne rêverait pas d’avoir un membre plus grand que celui qui l’a, ni une seule femme qui ne voudrait pas que son sexe soit plus étroit que celui qu’elle possède ! Or, si Dieu avait exaucé le vœu des hommes et celui des femmes, cela aurait conduit à l’impuissance, empêché le coït et donc, la fécondation qui est une grâce accordée par Dieu à l’humanité » Le livre des propos sur les mulets (Kitâb al-qawl fî l-bighâl), p.95

« On raconte qu’un homme avait épousé une femme qui accoucha dès le cinquième jour après le mariage. Il alla au marché et acheta une planche et un encrier. « Qu’est-ce que c’est que ça ? lui dit-on. Il répondit : « Quelqu’un qui naît au bout de cinq jours est bien capable d’aller à l’école coranique au bout de trois ! » Les fleurs du printemps (Zahra r-rabî), p.558

«  On dit à un pauvre qui était tombé malade : « Mets-toi à la diète ! » Il répondit : « C’est de cela que je suis malade ! » Les réponses péremptoires (Al-Ajwiba l-muskita), p.201

On raconte que ‘Uqba  l’Azdi était connu pour traiter des cas liés aux djinns et pour réciter des incantations. On lui amena une jeune fille possédée par un « djinn », avant sa nuit de noces. Il prononça des incantations puis dit aux membres de sa famille : « Laissez-moi avec elle ! » Resté seul avec elle, il lui dit : « Dis-moi sincèrement ce qu’il en est si tu veux que je te délivre. » Elle répondit : « J’ai perdu ma virginité alors que j’étais dans ma famille. J’ai peur du scandale avec mon mari. As-tu un moyen pour m’éviter cela ?- Oui », répondit-il. Puis il sortit voir sa famille et dit : « Le djinn m’a répondu qu’il acceptait de sortir. Il faut que vous choisissiez le membre duquel vous voulez qu’il sorte, mais le membre par lequel sortira le djinn se corrompra inéluctablement. Ainsi s’il sort par on œil, son œil sera aveugle, si c’est par son oreille, elle sera sourde, si c’est par sa main, elle sera paralysée. Si c’est par son pied, il sera recroquevillé et si c’est par son vagin, elle perdra sa virginité ! » Les siens dirent alors : « Ce serait un moindre mal ! Fais-en donc sortir le djinn ! »

Leur ayant fait croire qu’il y avait réussi, la femme put être introduite tranquillement auprès de son mari ! Les fleurs du printemps (Zahra r-rabî), p.522

2 commentaires

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