Cette impunité qui coulera le bateau Maroc

Les trains peuvent dérailler. Les bus peuvent foncer droit dans un café. Les autocars peuvent plonger dans des ravins. Les ponts peuvent s’effondrer sous quelques gouttelettes de pluie. On fera porter le chapeau à un petit maillon, mais aucune responsabilité morale ne sera assumée. Les institutions ne changeront pas leur fonctionnement. Les incompétents ne bougeront pas de leurs postes. Les stratégies et politiques ne se remettront pas en question.  C’est comme ça dans mon beau Maroc.

L’incompétence est une constante. Tout comme l’impunité. Tout comme la saleté. Tout comme la corruption. Tout comme le manque d’éducation. Tout comme l’incivisme. Tout comme la désespérante inefficacité de plusieurs institutions. Tout comme les trous dans les routes, malgré les travaux annuels.

C’est comme ça dans mon beau Maroc. C’est ce que Dieu nous a donné. Et ne vient pas perturber le marasme ambiant par tes indignations idéalistes. Parce que la seule manière confortable d’habiter mon beau Maroc, est de fondamentalement le détester.

Mon beau Maroc, profites-en, prends-en un max, fais-en un terrain dédié à ton enrichissement personnel, mais surtout, ne lui donne rien en retour. Couvre-toi de l’opaque voile du patriotisme de pacotille, adopte la posture du rottweiler, et crie bien fort à la moindre brise qui souffle. Peut importe que ce vent soit frais ou dévastateur. Peut importe qu’il puisse ramener un chaos destructeur ou un renouveau salutaire. L’essentiel est de crier bien fort afin de dissuader quiconque de gratter trop en profondeur ; éloigner toute personne qui tenterait de soulever cet opaque voile.

Pour vivre confortablement dans mon beau Maroc, déleste-toi de toute ambition communautaire, de toute envie de bien-faire. Complais-toi plutôt dans la médiocrité ambiante, et sors mendier. Dans la rue, en entreprise ou devant un cortège ; que ce soit un sou, un passe-droit ou une grima ; mendie à foison et laisse se propager le poison.

Ou alors, porte des œillères opaques. Crève-toi un œil en te berçant d’illusions sur la qualité de vie de mon beau Maroc. Apitoie sur le quotidien de ces pauvres développés contraints de vivre sans femme de ménage. Accroche-toi bien fort à cette illusion bien brumeuse, et surtout ne te pose aucune question, pour éviter de te rendre compte que cedit confort est payé très cher par toutes les parties, y compris toi et tes enfants.

Et puis, pour bien évoluer dans mon beau Maroc, enferme-toi dans une bulle. Ou sois malin et fais comme moi. J’en ai créées plusieurs pour me donner l’illusion d’une ouverture. Toutefois, aucun rideau n’arrive à masquer la dure réalité de mon beau Maroc qui se désagrège en plusieurs classes sociales hermétiques.

Deux choses nous lient encore, toutes catégories confondues. Notre couscous, et cette envie que nous partageons tous dans mon beau Maroc, du plus grand au plus petit, Lhrig.

Et si nous en finissions et construisions une patera géante pour tous ?

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